Samedi, 06/12, 21:00, Athènes. Un policier tire trois fois et tue un élève de 15 ans. Malgré les allégations initiales du policier la vérité éclate. Tout commence par une altercation verbale entre un groupe d’élèves et deux policiers qui se trouvent dans une voiture de patrouille. Les policiers partent, puis reviennent à pied et provoquent les jeunes avec des gestes et des insultes. Alors que trois des jeunes s’approchent, un des policiers sort son arme et tire trois fois. Le jeune élève est mortellement blessé. Les personnes présentes sur les lieux crient à l’aide tandis que les policiers, indifférents, partent. Ceux qui connaissent la situation au quartier d’Exarcheia, où l’assassinat a eu lieu, savent que celui-ci était plus ou moins attendu. La violence policière persistante et systématique dans ce quartier, lieu historique de résistance de la jeunesse grecque et des mouvements sociaux, ne pouvait que se solder par un assassinat.
Nous condamnons de la manière la plus explicite l’assassinat d’Alexandros-Andreas Grigoropoulos en tant qu’expression ultime du terrorisme d’état. L’assassinat d’Alexandros ne constitue pas un incident isolé de violence du pouvoir gouvernementale. Au contraire, étant la colonne vertébrale armée de l’état, la police vient une fois encore le servir contre toute résistance sociale. En Grèce, durant les dernières années, cette résistance apparaît plus déterminée que jamais. Elle est l’expression d’une accumulation de colère, provoquée par les politiques d’exploitation et de répression généralisées. En fait, cette période est en Grèce une période d’accentuation des mouvements sociaux. Depuis plus d’un an, les travailleurs luttent contre les réformes de la sécurité sociale et contre une série d’attaques à leurs droits et leurs salaires. Pendant trois ans, les étudiants et les élèves occupent systématiquement leurs facultés et leurs écoles. Ils luttent contre la réforme du système éducatif et du processus de Bologne, contre la dévaluation de leurs diplômes et pour défendre leurs droits au travail. Les immigrés, malgré les humiliations et les violences subies au quotidien, luttent pour le droit de vivre dans la dignité. Des prisonniers aussi se trouvent-ils au deuxième mois de grève de la faim, revendiquant des conditions d’incarcération humaines. A l’essor des mouvements sociaux, le gouvernement est fragilisé par des scandales successifs. De surcroit, la crise financière et économique internationale contribue de plus en plus au mécontentement populaire ainsi qu’au durcissement des mesures du gouvernement, et de tout gouvernement, face à toute forme de résistance sociale. L’assassinat d’Alexandros découle clairement des politiques répressives du gouvernement contre celles et ceux qui résistent.
Le sentiment d’injustice et d’indignation ressenti par l’assassinat d’Alexandros a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase face aux abus des forces de l’ordre agissant de manière répressive et dans l’impunité systématique. Mais ce mouvement, qui prend des caractéristiques d’une révolte générale, n’est pas une simple réaction isolée de jeunes. Il exprime, au contraire, une réaction ferme d’une grande partie de la population ne supportant plus l’injustice et la répression. La faiblesse et l’impatience de maîtriser cette révolte ont mené le gouvernement à déclencher une nouvelle vague de répression allant jusqu’au déploiement des groupes fascistes aux côtés de la police, comme le témoignent des incidentes dans les villes de Larissa et de Patras.
Pour honorer la mémoire du jeune Alexandros, nous devons continuer de lutter. Les violences policières et le terrorisme d’état ne concernent pas que les Grecs. Ils se reproduisent dans tous les pays et par tous les Etats, en Europe et dans le monde. Face à cela, les mouvements des travailleurs et de la jeunesse doivent eux aussi s’amplifier, en Grèce comme dans tous les pays européens.
Nous condamnons :
- La politique de l’État grec qui en concordance absolue avec les directives de l’U.E. prive les gens, et surtout les jeunes, du droit de vivre dans la dignité.
- La violence policière et la répression étatique, perpétuelles et persistantes, que l’on subit quotidiennement dans tous les aspects de nos vies.
Nous exigeons :
- La condamnation exemplaire de l’assassin du jeune Alexandros ainsi que de son complice.
- La démission du gouvernement (sans avoir des illusions pour le prochain)
- La démilitarisation des polices nationales.
- La libération immédiate de tous ceux et celles qui ont été arrêté-e-s durant ces derniers jours en Grèce, ainsi que les manifestants solidaires partout dans le monde.
- Le retrait des charges des 6, qui ont été arrêtés pendant la manifestation de vendredi 12/12/08 à Paris.
Initiative des étudiants et des travailleurs grecs à Paris (17/12/2008) http://protovouliaparis.wordpress.com
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